Mémoire de recherche sur Secrets d'Histoire : sondage

Publié le par A La Une : Liberté

 

Chers lecteurs,

Etudiante en Master de recherche en "Histoire et Audiovisuel", à l'Université Panthéon-Sorbonne et à l'Institut National de l'Audiovisuel, j'effectue mon mémoire sur le magazine télévisuel Secrets d'Histoire, diffusé depuis 2007 sur France 2 et présenté par Stéphane Bern. Il s'agit pour moi d'étudier cette conception, tant au sens de forme que de "penser" l'histoire, au petit écran.

Pour ceci, j'ai encore besoin de vous, et je vous invite à répondre à ce sondage, à m'envoyer vos remarques et questions sur ce blog ou à cette adresse : memoire-sdh@hotmail.fr

Sondage en ligne : cliquez ici.

Ci-dessous vous pouvez trouver une première tentative de réponse grâce aux premiers questionnaires que j'ai pu avoir à disposition à la fin 2011.

 

Merci d'avance pour votre temps et vos réponses qui me seront précieuses,

 

Mallorie

 

fond-secrets-d-histoire2.jpg

 

Thème choisi : courte étude de la réception de Secrets d'Histoire, enquête sur le public de téléspectateurs. 

 

Place dans le mémoire de M2 : Partie III sur la réception et la critique de l'émission, Chapitre 2 sur la réception de l'émission et sa fonction ( Exemples de thèmes abordés dans ce chapitre : le public, le taux d'audience, les forums, les pétitions, la réception sur les livres et lieux proposés par l'émission, la publicité autour du magazine, l'histoire comme vecteur d'intégration ou instrument pédagogique … ).

 

PARTIE III : Réception et critique  

 Chapitre 2 : La réception de l'émission par les téléspectateurs.

 

 

           Il est nécessaire, pour l'étude du magazine télévisuel Secrets d'Histoire de s'interroger sur sa réception dans son ensemble. Sur ce point, l'étude « médiamétrie » est indispensable à analyser pour connaître le taux d'audience et ce qu'elle peut révéler, comme la part de marché ou le type de public. Cependant, l'on se doit également d'avoir une approche qualitative du sujet. Pour cela, on est amené, pour ce sujet de recherche, à s'intéresser aux critiques, positives ou négatives, faites sur les épisodes ou sur le concept même de l'émission Secrets d'Histoire. Il faut bien sûr connaître l'origine de ces critiques : invités ayant participé à l'émission, téléspectateurs, journalistes, critiques de métier, historiens ? L'approche qualitative du sujet est peu aisée, car il y a peu de critiques écrites dans la presse, notamment spécialisée, et nous n'avons pas à l'heure actuelle accès au courrier des téléspectateurs. En revanche, à l'heure de l'internet et de son accessibilité, on constate ces dernières années une recrudescence de « forums », sur tout sujet, et notamment d'histoire. Les passionnés de la discipline, échangent sur la toile des messages sur différents thèmes. De plus, le magazine télévisuel Secrets d'Histoire, a son propre forum sur le site internet de la chaîne de diffusion : France 21. Les différentes questions et les débats discutés permettent de comprendre au mieux les réactions des téléspectateurs, leur intérêt. Quelles sont leurs critiques positives ou négatives ? Qui sont les téléspectateurs fidèles à Secrets d'Histoire et pourquoi ? La vertu pédagogique de l'émission obtient-elle le résultat escompté et est-elle perçue par le public ? Quel a été l'accueil des objets commerciaux de l'émission (coffret DVD et livres de Secrets d'Histoire) ? Que peut-on en déduire ? Quelles questions cela permet-il de nous poser ?

       C'est dans cet état de questionnement, qu'en juin 2011, j'ai décidé de poster un sondage en ligne sur deux forums : celui de l'émission, et Passion-histoire2, qui constitue une autre de mes sources, plusieurs sujets étant relatifs au magazine ; mais aussi sur le réseau social Facebook pour donner plus d'ampleur et une touche de diversité au sondage. Arrêté pour cette étude au 31 octobre 2011 avec 85 formulaires remplis, le sondage n'est pas une source exhaustive pour comprendre la réception de l'émission, comme nous avons pu le dire précédemment, et ne représente en aucun cas un échantillon représentatif des téléspectateurs de Secrets d'Histoire. Comme son nom l'indique, cette étude qualitative menée sur internet ne peut être réellement mesurable et ne cherche pas à représenter la partie de la population suivant l'émission, mais bien à comprendre l'échantillon ayant rempli le formulaire : ses sentiments, ses motivations, intérêts, critiques... Celui-ci permet d'atteindre des personnes géographiquement dispersées, et, étant anonyme il permet la liberté d'expression. Ainsi, il y a dans ce questionnaire une répartition égale entre questions ouvertes et fermées.

     Bien sûr, il est important de noter les limites de ce sondage : tout d'abord, et c'est le plus important, l'échantillon ne représente que des personnes concernées par l'émission, qui l'ont regardé au moins une fois et ont été assez intéressées ou mécontentes de l'émission pour participer à un forum et à l'un de ses sujets. Si l'on compte le réseau social Facebook, les personnes y ayant répondu sont, pour celles l'ayant précisé dans un message à part, des personnes qui ont également vu quelques épisodes mais qui peuvent déjà venir d'un cercle plus large de téléspectateurs. De même, les personnes qui s'intéressent à l'émission, notamment les plus de 50 ans, n'ont pas forcément le réflexe de regarder des informations concernant Secrets d'Histoire sur internet, ni de participer à un forum, et donc à ce sondage.Une autre limite réside dans le fait qu'une question n'était pas posée dans ce premier « questionnaire-test » : celle de la catégorie socio-professionnelle des participants.

En effet, il s'agissait dans ce premier sondage – modifié depuis pour compléter certains points – de connaître l'intérêt des téléspectateurs, leur rapport au présentateur Stéphane Bern, leur relation à l'histoire avant de regarder Secrets d'Histoire, leur propre vision de l'émission sur certains points, leur consommation concernant les objets vendus en parallèle de l'émission. Autant de questions, que ce sujet de recherche amène à se poser, et auxquels les forums et études quantitatives ne répondent pas forcément. Surtout, ce formulaire à remplir permettait dans le cadre de mes recherches, de savoir si j'avançais ou non dans la bonne direction, me posant les bonnes questions, et si il pouvait par lui-même en poser de nouvelles.

 

      Ainsi, entre le 8 juin et le 31 octobre 2011, 85 personnes ont pris le temps de répondre à ce sondage en ligne anonyme, de 23 questions.

Ces personnes sont en majorité de sexe féminin (72% des sondés), correspondant par ailleurs aux études « médiamétrie » attestant d'un public féminin en majorité, et leur âge varie entre 13 et 49 ans. Sur ce point, l'étude de l'audience et des parts de marché nous explique que l'émission attire les « 15 ans et + », laissant comprendre qu'elle est adaptée aux adolescents, mais sans nous laisser comprendre quelle tranche d'âge reste la plus concernée.

L'échantillon témoigne sur ce point d'une majorité de téléspectateurs âgés de 20 à 30 ans, comme le montre le tableau ci-après :

 

Age 

- 20 ans

20-25 ans

26-30 ans

31-35 ans

36-40 ans

41-45 ans 

46-50 ans

Nbr de sondés de  cette tranche d'âge

16

46

14

5

1

2

1

 

     On peut ainsi noter une population jeune fortement présente parmi les téléspectateurs qui se sont intéressés ou s'intéressent encore à l'émission, population étudiante ou active pour la plupart donc, plus qu'un public de 30-45 ans par exemple : un point dont on ne pouvait témoignerauparavant. Cet échantillon ne permet bien sûr que d'avoir une idée du panel de téléspectateurs.

Une majorité d'entre eux (36 %) suit l'émission depuis ces débuts, en 2007, quand la première version proposait une alternance entre parties « modules » de reportage et session plateau avec des invités débattant autour de Stéphane Bern et d'un sujet soulevé par le reportage. La majorité regardait ainsi l'émission avant qu'elle ne soit diffusée en prime-time, le soir, principalement en période estivale, sur France 2 (28% ont cependant connu l'émission grâce au prime-time, chiffre non négligeable).

 

Question 3 – Résultats 

Secrets d'Histoire a commencé en 2007 (le dimanche après-midi). Depuis 2008, chaque été, l'émission passe en prime-time (20h30-21h) sur France 2. Depuis quand regardez-vous l'émission ?

 

 

 

Résultats détaillés : 

 

2007, le dimanche après-midi

 

36.00%

2008, le dimanche après-midi

 

5%

2008, en prime-time le mercredi ou le jeudi soir

 

12%

2009 en prime-time

 

5%

2010, en prime-time 

 

7%

Je ne me souviens plus, mais je n'ai pas vu beaucoup d'épisodes

 

8%

Je ne me souviens plus, mais je suis l'émission depuis longtemps. J'ai connu la version du dimanche après-midi

 

16%

Je ne me souviens plus, mais je la regarde souvent. Je n'ai pas connu la version du dimanche après-midi.

 

11%

 

 

      Dans la même mesure, on doit s'interroger sur l'impact quant à l'intérêt porté à l'histoire par ces téléspectateurs : l'émission leur a-t-elle fait apprécier l'histoire, alors qu'ils n'aimaient pas cette discipline avant ? Au contraire, concerne-t-elle plutôt des personnes intéressées à la base par Secrets d'Histoire ? Ainsi, sur ce point il est intéressant de constater que seule une personne ayant participé au sondage n'aimait pas du tout l'histoire avant de regarder l'émission, 66 avaient déjà un goût plus ou moins prononcé pour cette matière, et 18 ont précisé lors de la même question avoir une formation en histoire, en cours ou passée (étudiants ou professeurs).

On constate donc ici que l'émission attire principalement des gens ayant à la base un intérêt pour la discipline, les époques et personnages historiques. En effet, on « choisit » de manière générale de regarder ou non une émission. Toutefois, on constate parmi ces amateurs d'histoire que plusieurs ont ainsi l'impression de « se cultiver », et que l'émission leur a donné l'envie d'en apprendre plus. Le but pédagogique de l'émission, étant – en tout cas pour cet échantillon – un succès, et sur ce point les sondés sont certainement représentatifs d'une plus grande gamme de téléspectateurs suivant le magazine – mis en relation avec d'autres témoignages sur internet par exemple. L'émission « suscite la curiosité », est « un programme enrichissant qui nous permet d'en apprendre plus sur une partie de l'Histoire et qui nous ouvre de manière générale sur notre passé », de « découvrir » ou « compléter [ses] connaissances ». Les universitaires pour leur part, apprécient la légèreté de l'émission, la possibilité donnée « d'aborder l'histoire sous un autre angle », de « revoir certaines bases de connaissances » et « de découvrir de nouvelles choses »3.

Allant dans ce sens, et répondant à l'envie d'être une émission pédagogique autant qu'à celle d'intéresser les téléspectateurs à l'histoire, de leur donner le goût de rechercher par eux-même, 38 % des sondés ont déjà lu un livre présenté lors de l'émission4 ou en lien avec un sujet abordé par celle-ci. Ces 33 personnes ont donc été assez intéressées par la présentation d'un sujet, et eu la curiosité assez éveillée pour chercher plus loin que l'émission. Ceci représente donc un enjeu réel, et non simplement supposé, quant au partage de la connaissance historique et l'intérêt ainsi suscité au public.

 

     Concernant la manière dont l'émission parle d'histoire, aborde certains sujets, quatre questions en particulier ont été posées : la première concernant le trio d'invités récurrents autour de Stéphane Bern dans la première version (représentant l'histoire dite académique, l'histoire anecdotique ou romancée, et la science en ce qu'elle peut contribuer à la discipline historique), la seconde question quant à la place des invités dans Secrets d'Histoire, une troisième concernant l'avis des sondés sur la critique du type de vulgarisation historique de l'émission, et enfin leur avis sur les différentes versions de Secrets d'Histoire.

Si seules 18 personnes ont précisé avoir une formation d'historien, et que d'autres peuvent donc avoir participé à ce sondage, je pensais au premier abord des résultats que les avis les plus critiques, viendraient des étudiants ou professeurs en histoire. Ne s'agissant pas de chercheurs, ils ne me permettent pas de répondre ou de me donner une piste quant aux questions posées sur le lien entre vulgarisation historique et chercheurs aujourd'hui, cependant le sondage nous met face aux avis des sondés ayant précisé être de cette formation. Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, sur certaines questions ils ne sont pas les plus critiques.

Par exemple, comme on peut l'observer ci-dessous, la question concernant les invités du magazine télévisuel montre que seule une personne de formation historienne fait partie des personnes considérant que les romanciers ou acteurs n'ont aucunement leur place dans l'émission.

 

Résultat question n° 8 – colonne 9 :

Parfois l'émission invite en plus des historiens, des acteurs, des romanciers, des psychologues... Pensez-vous qu'ils ont leur place dans une émission qui parle d'histoire?

 

Oui

62

Dont personne(s)

 

 ayant eu une formation

 

 en  histoire  : 

11

Non

8

1

Cela dépend (raisons diverses énoncées)

15

6

               En revanche, il est intéressant d'observer pour cette question que 40 % des personnes ayant un avis mitigé sur la question sont ou ont été étudiants en histoire. Il revient ainsi dans les commentaires de réponse, que cela dépend du degré d'implication des invités, et surtout l'idée que les propos tenus par les acteurs ou romanciers en particulier, doivent être considérés comme moins importants ou moins fiables que ceux des scientifiques. On peut ainsi lire : « oui, si ils ont des compétences légitimes », « dans la mesure où ils restent humbles face à de véritables historiens » ou encore « oui, mais ils doivent avoir une place moindre que les scientifiques ».Si, la moitié des participants de formation historienne pensent que « l'émission est faite pour tous » et n'est pas, par conséquence, d'une mauvaise vulgarisation , acceptant l'idée d'une complémentarité entre invités et d'une ouverte pour tous à la discipline et à la culture – ces « historiens » posent par leurs propres réponses la question de la vulgarisation : qui intervient et pourquoi ? Toute intervention est-elle pertinente ? La vulgarisation tend-elle ou peut-elle tendre à « rabaisser » la discipline historique ? Certains négligent-ils une part de l'histoire ? Quelle conception de l'histoire est avancée ici ?

Les termes employés dans les commentaires cités ci-dessus permettent d'observer que ce sont ici les initiés qui partagent un avis scientifique de respecter la discipline, et qui s'interrogent sur la légitimité. Le commentaire comparant certains types d'invités à de « véritables historiens » suggère d'ailleurs une idée de « tromperie » ou d' « erreur » possible dela part des autres invités, et suppose en tout cas une nécessité de faire la part des choses, de donner une place particulière aux historiens et chercheurs de formation. L'idée donc d'une science, de la discipline, qui existe, est à montrer et à laquelle il faut redonner sa place dans une émission de vulgarisation.

Le sondage permet en partie de savoir comment tout cela, en particulier la question de la légitimité du discours, est perçu par le téléspectateur. Plus encore, il permet de rendre compte que le public d'initiés n'est cependant pas le seul à s'interroger ou à apporter des critiques sur la vulgarisation de l'histoire, et la conception de celle-ci, véhiculée par l'émission.

Autres questions sur la conception de l'histoire de SDH :Colonne 12, question 11 : Dans la seconde version de l'émission, Stéphane Bern amène le public à découvrir un personnage et visiter des lieux historiques. Vous trouvez ce concept :

  • C'est génial. Je.  trouve ça mieux que la première version

33

  • J'aime autant cette version que la première où il invitait des gens sur un plateau. 

36

  • Je préférais la première version avec parties de reportage et un plateau avec des invités. 

16

 

 

 

Une autre question trouve sa place dans notre réflexion sur la réception et le public de Secrets d'Histoire : celle du rapport au présentateur. En effet, si l'on a pu ici comprendre un peu mieu le « type » de public de l'émission, l'intérêt se présente également de pouvoir interpréter l'influence de Stéphane Bern sur la réception de celle-ci. On entend par là son rôle dans la manière de partager des connaissances historiques : est-ce que cela fonctionne ? Est-ce que les gens sont intéressés par sa présence ?Les gens sont-ils réceptifs à ce qu'il peut introduire ou raconter, et la manière dont il le fait ?. De même, on peut se demander quelle est son influence dans le taux d'audience obtenu. En effet, Stéphane Bern est comme un caméléon des médias, il a travaillé dans la presse, dans la radio, à la télévision, il a écrit des livres … C'est un homme connu des Français, et globalement apprécié. Cependant, sa participation à certaines émissions n'a pas toujours fait l'unanimité. Il le dit lui-même, il « doi[t] avoir une tête à claques »5. Adoré, ou détesté, cette facette du co-créateur de Secrets d'Histoire est à assimiler et interpréter dans la réception de l'émission.

 

 

LE RAPPORT AU PRESENTATEUR 

 

Rapport au présentateur

Le connaissaient avant, neutre à son sujet

Ne le connaissaient pas avant SDH

Le connaissaient avant et l'aimait bien

Ne l'aimaient pas avant mais OK pour SDH

Ne l'appréciaient ni avant ni maintenant avec SDH

Nbr

30

5

48

2

0

 

Question 21

Interventions de Stéphane Bern à la télévision : 

Quand je « tombe » dessus à la télévision, je regarde l'émission où il est présent.

Non, je zappe.

Oui, quand je vois son nom j'ai envie de regarder.

Nbr :

55

7

23

 

Question 22

Oui, j'écoutais Le fou du roi à la radio

7

Oui, mais pas pour SB

2

Oui, mais en même temps que SDH

1

Non (toutes raisons comprises)

74

Non, car je n'ai pas la radio

1

Non, je n'étais pas au courant

1

 

      (Fin de l'extrait - Travail  non achevé, j'ai besoin de vous pour la suite ! Seul un sondage d'au moins 100 à 200 personnes minimum peut avoir un impact, alors merci à vous ! )

Publié dans Histoire

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