La découverte artistique du mois : Raphaël Angelini

Publié le par A La Une : Liberté

Pour le réveillon de Noël, A la Une : Liberté vous propose de découvrir un artiste qui mêle talent de pianiste, de chanteur, d'auteur compositeur. A ceci s'ajoute un humour, un cynisme, et un brin de fougue, alors on se fait un plaisir de partager autour de soi !


Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs : Raphaël Angelini, membre et co-fondateur des Rafales.

 

 


 

 

 

INTERVIEW

 

* A quel âge as-tu commencé la musique et quand as-tu su que tu voulais en faire ton métier ?

Je pense n'avoir jamais "commencé" la musique. Très tôt, j'ai été attiré par les sons harmonieux des instruments de musique. Dès l'âge de 4 ans, j'écoutais Bourvil, Brassens et même Prokofiev ; je m'amusais à chanter leurs mélodies en les arrangeant à ma façon... Jusqu'à l'âge de 15 ans, bien naïvement, je pensais que la musique n'était pas un métier et quand je suis rentré au Conservatoire, j'ai compris qu'être musicien demandait des compétences très pointues. Et c'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à travailler sans relâche.

* Ton premier concert c'était … ?

  Dans une petite commune du Borinage en Belgique. C'était une sorte d'entrepôt où s'étaient entassées pour l'occasion plus de 800 personnes ! J'ai joué quelques pièces pour piano de Fauré et un Prélude de Bach. J'avais 10 ans.

* Ta première scène ?

Ma première scène PRO, c'était en 2000. Mais dès mes premières leçons de piano, j'ai joué sur scène. Centres culturels, Fancy-fair, scènes ouvertes, podium, foires au boudin, concours, casting... Le pire et le meilleur, quoi !

* Ta pire expérience artistique ?

Une prestation avec les Rafales (le duo humoristique que j'ai formé avec mon ami d'enfance Alessandro Bevilacqua) sur une grande chaîne française. On n'avait rien à faire là. Je me rappelle des railleries de Philippe Bouvard, c'était épouvantable. Heureusement, Patrick Bosso a eu de bons mots en coulisse : "c'est ça les artistes, un jour oui, un jour non... " Il avait raison car depuis, les Rafales ont connu de beaux succès sur scène. Des succès encore trop confidentiels... mais je suis sûr qu'un jour le grand public s'intéressera à nous. Peut-être avons-nous encore besoin de plus de maturité...

* Ta meilleure ?

A part ce douloureux épisode, mes autres expériences ont toutes été magnifiques. Avec les Rafales bien sûr et que de bons souvenirs ! Mais aussi tous ces chanteurs ou instrumentistes que j'ai eu la chance d'accompagner au piano. Mes collaborations en musique de film aussi, les tournages de clips "vidéo"... En fait, tant que je suis entouré d'artistes ou de personnes aimant l'art, je suis heureux...

* Ta meilleure rencontre dans le métier ?

Alessandro avec qui j'ai créé les Rafales et fondé l'Asbl Promania, notre label indépendant. J'ai aussi beaucoup d'admiration pour mon ancien prof de piano, Mikhaïl Faerman. Ce fut un privilège d'avoir eu cours de piano avec un tel virtuose, un tel artiste. C'est vrai que j'ai aussi accompagné quelques personnalités de la variété mais paradoxalement, ce ne sont pas mes meilleures rencontres. Je tiens à préciser que je suis un artiste ouvert. Je me fous de connaître la cote de popularité d'un artiste ; ce qui m'intéresse vraiment, c'est ce qu'il a à dire !

* Certains de tes textes ont pu te causer des problèmes, peux-tu nous en parler ?

Mon premier album "Prémices" (2008) s'inscrit, toutes proportions gardées, dans la veine de Léo Ferré ou Renaud. C'est un album très politiquement incorrect avec des titres qui ont été censurés sur certaines radios locales belges. De nombreuses "web radios", se revendiquant pourtant comme étant libres, n'ont pas voulu passer mes titres. Maintenant, il ne faut pas jouer la victime non plus. Si cet album n'a pas été relayé par les médias, c'est qu'il ne rentrait dans aucune case promotionnelle. Mon truc à moi, c'est le piano instrumental et la chanson à texte. Le prochain album jouera encore plus sur cette dualité avec un mélange de pièces instrumentales, de chansons en italien, anglais et français. Ce sera un album moins désabusé aussi et plus en phase avec ce que je suis aujourd'hui.

* Selon toi, ce qu'il y a de plus beau dans la musique ? L'échange, la communication, le partage... Tout ce qui élève les hommes ! Quand la musique devient un lieu où règnent la concurrence déloyale et la jalousie, elle cesse d'exister. * C'est bientôt les fêtes de fin d'année, qu'est-ce que cela représente pour toi ? C'est l'occasion de me rappeler que je n'ai pas encore acheté mes cadeaux. Pour moi, ces fêtes sont fort associées à la famille et j'arrête donc de bosser comme un fou pour passer un peu plus de temps avec mes proches.

* Où peut-on te voir et t'entendre prochainement ? En 2011, j'ai donné près de 40 concerts ou spectacles. Pour moi, c'est un bon rythme. Trop de concerts, ça ne va pas non plus car ça banalise l'évènement. Pour début 2012, mon agenda est nettement moins rempli. C'est l'occasion de peaufiner mon nouveau disque à venir et d'alimenter plus régulièrement ma chaîne youtube ou mon site Internet. Mais j'espère que les scènes vont vite reprendre, j'aime trop ça !

 

 

 

 

 

On passe désormais au test de Proust revisité :


* Ta devise ?  Il vaut mieux aller plus loin avec quelqu'un que nulle part avec tout le monde... [Pierre Bourgault]

* La réforme que tu estimes le plus ?  Elle reste encore à faire. Celle qui dirait : "le premier droit des êtres humains est celui d'être libre." Et ce droit est refusé aux peuples depuis la nuit des temps. Il semblerait même que la liberté soit en net recul en ces temps troubles. Avec les moyens de communications modernes, tu es en permanence pisté. Dans la rue, les caméras sont partout, même dans les poches des gosses. Le manque de pudeur des gens est insensé. Celui-là même qui les pousse à révéler leurs plus intimes secrets sur Internet. Le principal trait de ton caractère ? Je suis un "dur" plein de sensibilité ou un sensible plein de dureté ; c'est à vous de voir...

* Si tu étais un personnage historique réel ? J'aime bien Giordano Bruno. On l'a brûlé vif parce qu'il a développé la pensée de Copernic comme quoi la terre n'était pas le centre de l'univers. Par cette démonstration, Bruno ne faisait pas que de la science ; il mettait en garde les puissants contre la vanité de se croire le centre de tout. Des siècles plus tard, ça n'a pas changé. Les puissants de ce monde sont toujours aussi nombrilistes... Mais je ne risque rien, on ne brûle plus les gens... On les bâillonne, c'est plus sûr !

* Si tu étais un tableau ? Je ne suis pas un très grand connaisseur de peinture. Mais le tableau qui m'a le plus marqué reste "les proverbes flamands" de Bruegel l'Ancien. http://www.pieter-bruegel.com/proverbe/proverbe.htm Je n'ai pas encore découvert tous les proverbes qui se cachent dans ce tableau.

* Tes héros / héroïnes favorites dans la fiction ? Parlons essentiellement "cinéma" ! Rocky (du premier volet !) et Walt Kowalski (Gran Torino) : 2 parfaits anti-héros masculins. Mais je n'oublie pas mes héroïnes favorites : Olivia Dunham (Fringe) et Manon des sources (celle de l'oeuvre littéraire prioritairement bien que je n'aie rien contre E.Béart).

* Tes peintres favoris ? Bruegel, Manet, Monet, Rubens

* La qualité que tu préfères chez une femme ? La femme est moralement plus forte que l'homme. J'aime quand une femme prend ma défense ; elle est souvent plus persuasive que l'homme qui lui, abandonnera rapidement.

* Et chez un homme ? L'homme moderne a bien du mérite. Il doit être à la fois mari, confident, amant, père, sensible, fidèle, amoureux, courageux, travailleur, riche, célèbre, bon vivant, propre, intelligent, plein d'humour, gentil, serviable, à l'écoute, bienveillant, protecteur, assistant social, coach, psychologue, pédagogue, ... Cet homme-là n'existe pas et la plupart des femmes heureuses l'ont d'ailleurs bien compris.

* État présent de ton esprit ? Je ne me suis jamais senti aussi bien dans ma vie. Avec des projets plein la tête ! Un petit bémol : j'aimerais pouvoir partager mes créations musicales et mes textes chantés avec un public plus large et plus diversifié. Mais j'ai la vie devant moi et l'important dans la vie, c'est de toujours croire au lendemain !

 

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Vous êtes conquis ou presque ?

Alors, rendez-vous sur facebook : Raphaël Angelini

Ou sur son site officiel : www.raphaelangelini.com

N'hésitez pas à laisser vos commentaires et à le retrouver sur scène ou en cd ;-)

 

 

                                                                                                                                                           Mallorie Lowenda Lambilliotte     

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Commenter cet article

Alessandro 27/12/2011 23:22

Bravo pour cet article !

Je le connais tellement bien et en même temps je le découvre un peu plus à chaque fois.

Raphaël est en tout cas un ami d'enfance avec qui j'ai passé, je passe et je passerai longtemps encore, je l'espère, des moments magiques tant artistiques qu'humain.

Au plaisir ;-)

Irène 26/12/2011 19:54

J'ai acheté le premier album PREMICES de Raphaël ANGELINI et j'ai adoré. Mes titres préférés sont : La danse des Crétins, Tout s'arrange, La marginale. Vivement le suivant!

Céline 26/12/2011 15:20

Un artiste vraiment à part... J'ai eu l'occasion de l'entendre sur scène dans le nord de la France. Le fait qu'il soit peu médiatisé n'empêche pas son très grand talent
d'auteur-compositeur-interprète et de pianiste. Ses textes parlent, racontent, dénoncent, dérangent, émeuvent... Et son toucher pianistique se mêle astucieusement à tout ça. Merci pour cette belle
interview qui nous en dit plus sur ce musicien discret et mystérieux...