Elizabeth II fête son jubilé de diamant cette année

Publié le par A La Une : Liberté

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      La Reine d'Angleterre, chef de 16 Etats, dont celui de la Grande-Bretagne, à la tête du Commonwealth, fête cette année les soixante ans de son règne. Si je la trouvais aussi simple et amusante que je critiquais l'existence d'une monarchie, un travail de recherche récent m'a rapidement fait changer d'avis. Alors que je travaille à la préparation d'une émission d'histoire sur la Reine prévue pour le mois de juin, j'ai lu nombre de biographies, articles, archives et témoignages.

Ainsi, à ceux qui disent que la Reine est inutile, je réponds qu'elle a au contraire un rôle diplomatique et de conseillère auprès de son gouvernement, plus qu'important. Sa vie est étonnante, riche, sérieuse, digne. Il faut dire qu'elle a appris auprès d'un des plus grands : son père, George VI, bien sûr mais, une fois Souveraine couronnée, en 1953, Elizabeth II a appris auprès de son, célèbre, Premier ministre : Winston Churchill, le vétéran des guerres qui avait combattu avec son père, George VI, pendant la seconde guerre mondiale. Car la souveraine actuelle est certainement l'une des rares à avoir connu la Seconde Guerre Mondiale et ses conséquences. A un peu plus de quatorze ans, elle fait passer en 1942 un message aux enfants de l'Empire. Elle tanne son père pour plus de responsabilités, pour servir son pays durant la guerre. Ainsi, à 16 ans, après quelques services de cheftaine si l'on peut dire, celle qui est alors princesse rejoint le service auxiliaire, service militaire féminin, et aide comme mécanicienne. Elle est toute fière le jour où le Roi et la Reine, Elizabeth la Queen Mum, viennent passer les rangs de sa troupe. L'actuelle souveraine est toujours aussi passionnée de mécanique et d'automobile et conduit seule sa voiture, tout comme son mari le Prince Philipp, cousin au troisième degré qui est en fait la seule fois pour laquelle Elizabeth II ne s'est rien fait dicter.

Personne à la Cour, et encore moins au gouvernement britannique, ne voulait qu'elle épouse ce prince sans un sous et à la famille apocalyptique. Pourtant, elle défi le protocole, accepte la demande en mariage sans qu'elle en soit faite à son père... En 1947, elle épouse le Prince. Le mariage est certes royal, mais modeste car l'on considère alors qu'il serait indigne dans cet univers après guerre de faire un mariage en grande pompe. Le peuple se réjouit d'un moment d'espoir et envoie même des coupons de rationnement à la Reine afin qu'elle puisse s'offrir une robe de mariée. Bien sûr les coupons seront alors renvoyés.

Peu avant ce mariage, âgée de 21 ans, en direct du Cap en Afrique du Sud, elle passe à la télévision et à la radio pour annoncer qu'elle dédiera sa vie à son peuple.

En 1953, c'est lors d'un voyage au Kenya, où elle représente son père trop faible pour se déplacer, qu'elle apprend la mort de celui qu'elle chérit le plus. Il faut dire que sans l'abdication de son frère David, celui-ci n'aurait du monter sur le trône britannique, et Elizabeth - au départ troisième dans l'ordre de succession d'autant mois. Elle se montre digne, réservée et assure ses fonctions, comme elle le fera toujours.

Partie comme ambassadrice, elle reviendra comme Reine.

 

Si elle devient reine d'Angleterre le 6 février 1952, elle ne se fait couronner qu'en juin 1953, et choisit cette date pour son anniversaire officiel, afin de ne pas célébrer ce jour qui reste celui de la mort de son père. A cette occasion, un salut militaire à tirs de canon se fait d'Hyde Park et de la Tour de Londres. Son couronnement marque l'arrivée de l'événement télévisé : c'est le premier. Toutes les caméras sont braquées sur l'abbaye de Westminster. Pourtant, la Reine veut profiter de ce moment, ne pas faire de fautes et refusent que les caméras la filment de trop près. On dit que certains éléments auraient en réalité été filmés auparavant. Des millions de personnes à travers le monde suivent l'événement, dont le Duc et la Duchesse de Windsor - l'oncle d'Elizabeth qui avait abdiqué et sa femme deux fois divorcée.

Pour toute cette année du jubilé de diamant des expositions ouvertes au public se font à travers le royaume, exposant entre autre une partie de la Royal Collection, une des plus importantes au monde qui n'est même pas totalement répertoriée. Des expositions photographiques également, rappelant le règne de la Reine, ...

Elle est la femme ayant serré le plus de mains au monde et surtout, ayant le plus voyagé au monde : par train, par avion mais surtout par voie maritime, notamment sur le célèbre Britannia - qui n'était guère fastueux que de l'extérieur puisqu'il ressemblait en fait à un cottage anglais flottant. Ambassadeur et symbole de la vie familiale royale britannique, le navire est totalement désarmé en 1997 et demeure aujourd'hui un musée en Ecosse, à Edimburgh, car il revenait trop cher à la monarchie en entretien. La question s'est d'ailleurs posée récemment par certains mécènes d'offrir un nouveau yacht royal à la Reine, mais l'idée est quelque peu tombée à l'eau. Rien ne pourrait de toute façon remplacer ce lieu unique, dont le design et l'ameublement furent entièrement créés par la Reine et le Prince Philipp, et seul endroit où la Reine se sentait libre et appaisée. Car celle qu'on dit froide ou trop réservée, aurait en fait hérité de la timidité de son père. Proche de sa famille, elle les soutient. Elle connaît le nom de tout son staff, leur demande des nouvelles. Elle aime parler de la vie quotidienne, les potins, les animaux - surtout ses chevaux et ses corgis.Naturelle, elle aime même les soap opéra, et déteste certains opéras.

A la tête du Commonwealth, de l'Etat, des Armées et de l'Eglise anglicane (quand elle arrive en Ecosse elle devient Chef de l'Eglise presbytérienne), elle n'aurait un pouvoir absolu que sur les cygnes et les esturgeons. Le protocole voudrait qu'elle signe elle-même son arrêt de mort. Pourtant, il est à rappeler que la Monarchie britannique n'a aucune Constitution écrite. La Reine a néanmoins un devoir de conseil auprès du gouvernement qu'elle désigne selon le protocole, et s'entretien chaque semaine avec celui-ci. Chaque matin, elle écoute la BBC, lit le Times, le DAily Telegraph, le Raicing Post qui la caractérise plus personnellement et lit les dépêches gouvernementales et la boîte rouge pleine de secrets d'Etat. Elle est certainement la mieux renseignée du royaume.

En revanche, elle n'est pas la plus riche. Aujourd'hui, le marché conclu par son aïeul George III avec l'Etat, concernant la liste civile et la pension reversée, ne fait plus du tout l'affaire pour la famille royale. L'Etat s'enrichit 30 fois plus qu'il n'accorde à la famille royale. Et 75 % du revenu de la Reine lui sert à payer les salaires de son staff. La Monarchie britannique, tant critiquée récemment, notamment en pleine crise économique, ne coût en réalité que 62 pence à chaque contribuable britannique, par an : moins que l'Elysée pour nous Français.

Il est pourtant vrai qu'en période de crise, les mariages royaux ont la bonne idée d'avoir lieu. Ils rapportent cependant à l'Etat des millions, et ce fut d'autant plus vrai récemment avec le mariage du prince William, fils de Lady Diana, et de Kate Middleton - que la Reine veut conseiller et dont elle veut être proche. Le prince dit d'ailleurs être plein d'admiration pour sa grand-mère, et qu'il la voit d'abord comme telle avant de la voir comme la Reine.

Bien sûr l'histoire de la Monarchie fut également marquée par la crise du Canal de Suez, et l'on reprocha à la Reine de signer le départ des troupes sur un champ de course hippique, mais aussi par les frasques amoureuses de ces enfants et de sa soeur Margaret. En 1992, l'année "horribilis" est celle de l'incendie du château de Windsor et des divorces, des séparations de ses enfants. Elle marque aussi comme étant l'année où, pour la première fois, la Reine paie des impôts sur le revenu Elle fut surtout entachée par les frasques des paparazzis, la presse qui appelait au scandale lors de l'affaire Diana, et c'est cette affaire qui marqua certainement le tournant le plus décisif. De manière plus personnelle et intime donc, la Reine a souffert et n'est pas enfermée dans une bulle dorée. En 2002 elle perd en à peine deux mois sa soeur Margaret, et sa mère, la Queen Mum, icône du peuple britannique.

Aujourd'hui, les 3/4 des Britanniques voient un véritable avenir pour la Monarchie britannique et ne peut séparer son image de celle d'Elizabeth II. La femme qui a connu la seconde guerre mondiale, la libération, la guerre froide, les mouvements sociaux des années 60 et 70, la chute du Mur de Berlin, l'Europe, les crises économiques, les crises dynastiques... Une femme qui a vécu et a accompli sa mission sans un faux pas jusqu'aujourd'hui, contrairement à nombre de Présidents actuels dans le monde.

Sa visite officielle en Irlande, au printemps 2011 restera une des plus importantes et symboliques visites de son règne, autant qu'un acte de courage et de ténacité.

Jamais la Monarchie britannique n'a été aussi populaire auprès de son peuple.

Elle reste la Reine de diamant, elle l'est en tout cas cette année.

 

God Save The Queen

 

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Les premières photographies sont celles du photographe anglais Cecile Beaton dont les images sont reprises pour une exposition de photographies à Buckingham Palace pour le jubilé de la Reine Elizabeth II. Je vous invite à découvrir son travail, l'artiste n'ayant pas travaillé qu'avec des membres du gotha et faisant un travail magnifique, en particulier ses clichés en noir et blanc sont à voir.

 

Mallorie Lowenda Lambilliotte

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