A Gilles Jacquier et tous ceux morts ou agressés pour nous informer

Publié le par A La Une : Liberté

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Gilles Jacquier, grand reporter, entré dans le monde du journalisme il y a 20 ans, est décédé ce mercredi 11 janvier 2012, tué par un tir d'obus à Homs, en Syrie. Journaliste reporter d'images en mission pour Envoyé Spécial, sur France 2, le reporter aimait plus que tout le terrain, apprendre du monde et en informer les autres. En décembre il était heureux de recevoir enfin son visa pour ce pays en situation post-révolution.

"Témoin des conflits des vingt dernières années", comme le titre le quotidien Le Monde, Gilles Jacquier avait reçu il y a moins de deux ans le prix Bayeux pour les correspondants de guerre,et, en 2009 le prix Jean-Louis Calderon pour son reportage  Afghanistan : école, le tableau noir. Son travail, son engagement avaient également été récompensés par le célèbre et réputé prix Albert Londres en 2003 pour son documentaire Naplouse.

Reconnu par la profession, dévoué, il n'hésitait pas à se rendre dans les endroits les plus dangereux, d'un côté comme de l'autre des belligérants. Après s'être souvent rendus du côté de miliciens dans des pays en guerre, le grand reporter se rendait cette fois du côté gouvernemental en Syrie.

Mort pour informer, A la Une aimerait ici lui rendre hommage, et présenter à sa famille et ses collègues, nos sincères condoléances.

 

Aujourd'hui seuls quelques rares journalistes continuent l'investigation, l'enquête, la recherche, n'hésitant pas à aller jusqu'au bout, à se retrouver dans des situations difficiles, au sein des conflits de tous types. On pouvait même croire fini ce journalisme :  le vrai, celui qui fait vibrer, celui qui n'est pas corrompu, pas arrangé. Pourtant chaque année, ces rares journalistes vont sur le terrain.

Il y a bientôt un an, on fêtait le retour des reporters de France Hervé Guesquière et Stéphane Taponier, retenus en Afghanistan pour avoir informé. Le gouvernement français avait vite attaqué leur stupide action de se rendre sur le lieu où ils furent pris en otage. La France, Reporter Sans Frontière avec en tête Florence Aubenas - elle-même ex-otage en Irak, s'étaient mobilisés pour leur retour et pour être informé de leurs conditions de vie. Cela faisait longtemps que l'information n'avait pas été si plébiscitée par le public français. Cela faisait longtemps qu'une action pour l'information n'avait pas tant mobilisé. Pourtant éclatait le bonheur, une vraie délivrance lors de la leur.

Pendant la révolution arabe, des journalistes de France 3 en France, mais aussi des américaines, ont été victimes de violences sexuelles, révélant à la fois la condition dangereuse pour un journaliste et la vision de la femme dans d'autres endroits du monde.

Etre journaliste n'est pas un métier banal, il en existe aujourd'hui une multitude d'aspects et de spécialisations. Etre journaliste, j'espère ici ne pas parler qu'en mon nom, c'est penser que l'information est à la base de notre société, c'est la placer au-dessus des intérêts.

Un réel travail est à faire pour permettre l'information, la liberté d'expression et défendre les droits de l'Homme à travers le monde. Ce travail est en grande partie fait par ces journalistes, des hommes et des femmes extraordinaires qui se battent chaque jour, défendant l'information,  ce qu'ils ont pu voir sur le terrain, ce qu'ils ont pu découvrir, prouver ...

A tous ces gens : Merci.

 

Mallorie Lowenda Lambilliotte

Publié dans L'actu - Médias

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